L’essentiel en un coup d’œil
| Sortie | 20 octobre 2026, dans le monde entier |
| Plateforme | Netflix, en exclusivité |
| Format | 10 épisodes, histoire indépendante |
| Production | CD Projekt Red et studio Trigger |
| Réalisation | Kai Ikarashi |
| Scénario | Bartosz Sztybor (showrunner) et Masahiko Otsuka |
| Character design | Kanno Ichigo |
| Lien avec la saison 1 | Même ville, tout le reste change |
Edgerunners, premier du nom : l’anime qui a réparé un jeu

Pour mesurer l’attente, il faut remonter à décembre 2020. Cyberpunk 2077 sort alors dans un état technique resté dans les mémoires, surtout sur consoles. Pendant de longs mois, Night City est plus connue pour ses bugs que pour ses néons.
Le 13 septembre 2022, Netflix met en ligne Cyberpunk: Edgerunners. Dix épisodes produits par CD Projekt Red, animés par le studio japonais Trigger et réalisés par Hiroyuki Imaishi, le réalisateur de Kill la Kill et de Promare. L’histoire se déroule en 2076, un an avant le jeu, et se regarde sans y avoir jamais touché.
L’histoire de David Martinez
David est un adolescent des quartiers pauvres, inscrit à la prestigieuse académie Arasaka grâce aux sacrifices de sa mère. Un drame le laisse seul et fauché. Il se fait alors greffer un Sandevistan militaire, un implant qui lui donne l’impression que le monde tourne au ralenti, et rejoint une équipe de mercenaires menée par Maine.
Il y rencontre Lucy, une netrunner qui rêve de partir sur la Lune, mais aussi Rebecca, Dorio, Kiwi et Pilar. La série raconte son ascension dans le milieu des edgerunners, ces mercenaires qui vivent en marge du système, et surtout ce qu’elle lui coûte. Chaque implant supplémentaire le rend plus fort et un peu moins lui-même, avec la cyberpsychose au bout du chemin.
On ne détaillera pas la fin pour celles et ceux qui auraient quatre ans de retard. Disons simplement que Night City ne pratique pas le happy end.
Pourquoi la série a marqué
- Le style Trigger. Couleurs saturées, corps déformés par la vitesse, action lisible même à deux cents à l’heure. Les designs sont signés Yoh Yoshinari.
- Une vraie tragédie. Dix épisodes, pas un de trop, et une trajectoire annoncée dès le départ que l’on suit quand même en espérant se tromper.
- La musique. Une bande originale d’Akira Yamaoka, le compositeur de Silent Hill, et un morceau du jeu, « I Really Want to Stay at Your House » de Rosa Walton, devenu l’hymne officieux de la série. Beaucoup de spectateurs ne peuvent plus l’écouter sans fixer le plafond.
L’effet sur le jeu
La semaine qui suit la sortie, CD Projekt Red annonce qu’un million de joueurs se connectent chaque jour à Cyberpunk 2077, nouveaux venus et revenants confondus. Le jeu n’avait pas connu une telle fréquentation depuis son lancement (Game Developer). La mise à jour 1.6, sortie début septembre avec des objets tirés de l’anime, a aidé, mais c’est bien la série qui a ramené la foule.
Edgerunners décroche ensuite le titre d’anime de l’année aux Crunchyroll Anime Awards 2023. Le jeu, lui, a depuis dépassé les 40 millions d’exemplaires vendus (80 Level). Rarement un produit dérivé aura autant rendu service à l’œuvre d’origine.
Edgerunners 2 : même ville, nouvelle histoire

Le titre porte un 2, mais ce n’est pas une saison 2 au sens habituel. Annoncé en juillet 2025, Cyberpunk: Edgerunners 2 raconte une histoire indépendante en dix épisodes, avec des personnages inédits, un nouveau casting vocal et un style d’animation repensé (Netflix Tudum). Inutile de chercher David ou Lucy : la franchise prend la voie de l’anthologie.
Le synopsis officiel suit deux fils qui finissent par se croiser (site officiel) :
- Weak, ancienne légende des edgerunners, contraint de vivre sans le moindre implant et en quête d’une raison d’être dans un monde qui a continué sans lui.
- D, nomade redoutable lancé dans une vengeance qui le rapproche de secrets que les corporations auraient préféré garder enterrés.
CD Projekt Red annonce un récit de famille, d’obsession et d’héritage. Netflix parle d’une chronique sans fard de rédemption et de vengeance. Autrement dit : après l’ascension et la chute de David, place à des personnages qui ont déjà chuté et cherchent quoi faire de ce qui reste.
Un troisième thème traverse le tout, celui du regard. La série s’intéresse à la façon dont on filme, regarde et raconte la vie des autres, dans une ville qui a remplacé le cinéma par la braindance, ces enregistrements d’expériences que l’on revit de l’intérieur.
Les nouveaux visages
Quatre personnages portent la série, entourés d’une famille de cadres de Kang Tao qui relie plusieurs d’entre eux (site officiel, What’s on Netflix).
| Personnage | Qui est-ce | Voix (japonais, puis anglais) |
|---|---|---|
| Weak « King » Kingsley | Vétéran autrefois au sommet, qui vit désormais dans l’ombre de sa gloire passée | Kentaro Tone, Clancy Brown |
| D | Netrunner du clan nomade Snake Nation, qui traque celui qui a décimé les siens | Koki Uchiyama, Nazeeh Tarsha |
| Roman Carax | Jeune cinéphile obsédé par l’idée de filmer la vérité, caméra au poing dans la vie des autres | Momoka Terasawa, Valeria Rodriguez |
| Talia Yang | Fille de bonne famille corpo passée chez les Maelstrom, le gang qui ne jure que par le chrome | Akari Kitō, Kimoy Lee |
| Avida | Ancienne chanteuse de jazz et ancien amour de Weak, aujourd’hui épouse d’un cadre de Kang Tao et mère de Talia | Akemi Okamura |
| Kiril | Mari d’Avida et père de Talia, cadre de Kang Tao au calme très corporate | Yasunori Matsumoto |
Quelques remarques au passage. Un ancien champion surnommé « King » qui répond désormais au nom de Weak, « faible » en anglais : les scénaristes ne l’ont pas ménagé. En version anglaise, il a la voix de Clancy Brown, connu pour Lex Luthor et, dans un autre registre, M. Krabs.
D, lui, porte une initiale pour tout nom, clin d’œil probable au V du jeu vidéo. Quant au triangle Weak, Avida et Talia, il donne une idée assez nette de ce que la série entend par « histoire de famille ».
Autour d’eux gravitent Sal et Jessie, qui tiennent une boutique de braindance, ainsi que deux cadres de corporations rivales, Kitano chez Arasaka et Richard chez Kang Tao.
Derrière la caméra : Trigger change de pilote

Le changement le plus notable se trouve au poste de réalisateur. Hiroyuki Imaishi cède la place à Kai Ikarashi, un animateur maison de Trigger. Son nom parle aux fans : c’est lui qui avait réalisé et storyboardé l’épisode 6 de la première série, « Girl on Fire », souvent cité comme le sommet de la saison (What’s on Netflix).
Le reste de l’équipe assure la continuité :
- Bartosz Sztybor, de CD Projekt Red, reste showrunner, auteur de l’histoire et producteur. Il est lauréat d’un prix Hugo.
- Masahiko Otsuka signe de nouveau le scénario.
- Kanno Ichigo, déjà à l’animation sur la première série, devient character designer principal.
Visuellement, on reste chez Trigger, mais avec une autre main. Le trait d’Ikarashi est plus anguleux, plus instable, et se déforme volontiers selon l’émotion de la scène. La série y ajoute tout un bric-à-brac d’images analogiques : grain de caméscope, téléviseurs cathodiques, logos qui se démultiplient façon informatique de la fin des années 1990. À Night City, la VHS est donc vintage et tendance. Certaines choses ne changent pas.
Ce que montre la bande-annonce
La date du 20 octobre a été officialisée le 21 août 2026, à l’occasion de l’Anime NYC, avec une nouvelle bande-annonce (communiqué CD Projekt Red). C’est le troisième aperçu de la série, après une première vidéo fin juin qui présentait les personnages.
Elle reprend une partie des images déjà vues, en ajoute de nouvelles et, surtout, fait parler les personnages pour la première fois. On y retient :
- Weak, rattrapé par la cyberpsychose, qui se confie à une Talia hospitalisée.
- D, présenté comme le deuil et la souffrance faits homme.
- Roman et sa caméra, à travers laquelle on devine que l’on assistera à la chute de ses compagnons.
- Une esthétique de cassette VHS assumée, et une dernière phrase qui promet que Night City brûlera de nouveau.
La musique de la bande-annonce, « A Rusty Dream », est signée du duo DOUDOU (80 Level).
Les sept premières minutes (léger spoiler)
Le public de l’Anime NYC a aussi vu le début du premier épisode, raconté par What’s on Netflix. La série s’ouvre sur Roman, caméscope à la main, pendant que des enfants se demandent à quoi ressemblaient les salles de cinéma. Dans une série Netflix, l’ironie n’a échappé à personne.
Suit un casse dans un site d’Arasaka qui déraille quand Weak est pris d’hallucinations. Le générique, lui, serait un montage pop très années 1990 sur « 10:15 Saturday Night » de The Cure. Après Franz Ferdinand pour la première série, le rock britannique garde donc les clés du générique.
En pratique
Où et quand. Cyberpunk: Edgerunners 2 sort le mardi 20 octobre 2026 sur Netflix, en exclusivité mondiale. Les dix épisodes seront disponibles d’un coup. Netflix met généralement ses productions en ligne à minuit, heure du Pacifique, soit 9 h du matin en France.
En français ? La série sera proposée en version originale sous-titrée. Au moment de l’annonce de la date, Netflix n’avait pas encore confirmé de doublage français (Animotaku).
Faut-il avoir vu la première série ? Non, l’histoire est conçue pour se suffire à elle-même, et il n’est pas davantage nécessaire d’avoir joué à Cyberpunk 2077. Cela dit, dix épisodes d’environ vingt-cinq minutes se revoient en une soirée, et il reste le temps d’ici le 20 octobre.
Ce que l’on attend. Un changement de réalisateur et une distribution entièrement renouvelée, c’est un pari. Mais c’était déjà la promesse du premier Edgerunners : une histoire fermée, des personnages que l’on ne reverra pas, et l’assurance de ne pas en sortir indemne. Un conseil tout de même, valable pour toute visite à Night City : ne vous attachez à personne.
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