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⚠️ Avertissement de la rédaction
Cet article est un troll assumé. Aucun joueur PlayStation n’a été maltraité pendant sa rédaction, sauf peut-être dans son ego. Chez Beacon Mag, on aime toutes les consoles, on a des manettes de toutes les marques qui traînent sur le canapé, et on considère la guerre des consoles comme le sport de combat le plus inutile de l’histoire. On se moque juste, avec affection, de l’ironie de la situation. Si vous êtes un fier possesseur de PS5, respirez un grand coup : on vous aime. Et oui, on sait que vous allez nous répondre en commentaire.
Un jailbreak, c’est quoi ? (pour ceux qui étaient occupés à troller sur les forums)

Une console de jeu, c’est un ordinateur à qui on a mis un bracelet électronique. Sony décide de ce qui peut tourner dessus : uniquement des logiciels signés, validés et vendus dans sa boutique, avec sa petite commission au passage. C’est ce qui protège son modèle économique, et ce qui limite le piratage et la triche en ligne.
Le jailbreak consiste à exploiter des failles de sécurité pour retirer ce bracelet. Une fois la console libérée, on peut y lancer du homebrew, c’est-à-dire des logiciels « faits maison » : outils, émulateurs, applis inédites… et, soyons honnêtes, parfois des jeux piratés. L’outil en lui-même est neutre, mais ce qu’on en fait ne l’est pas toujours.
La PSP, la PS3, la Wii et la Switch sont toutes passées par là. Ce qui est nouveau avec la PS5, c’est la vitesse à laquelle les choses s’enchaînent. Et surtout, la nature de la première appli qui a fait le buzz.
Relapse : la rechute
Le nom de la faille est presque trop parfait. Relapse (« rechute » en anglais) est un projet open source publié début octobre par le développeur ntfargo et d’autres chercheurs en sécurité. Il ouvre les PS5 en firmware 7.00 à 13.60, PS5 Pro comprise. Ça représente des millions de consoles, autant de propriétaires qui ont repoussé la mise à jour système à « plus tard » et qui se sentent pour une fois très malins.
Sur le plan technique, ça se passe en deux temps. Une faille dans le moteur JavaScript du navigateur intégré sert de porte d’entrée. Oui, ce navigateur que personne n’avait jamais ouvert volontairement a enfin trouvé son utilité. Une seconde faille donne ensuite un accès au noyau du système, le cœur de la machine.
Petites précisions pour calmer les ardeurs :
- le jailbreak saute à chaque redémarrage et il faut le relancer à chaque fois. C’est un abonnement mensuel, version rituel quotidien ;
- il plante : il faut parfois plusieurs essais, et le kernel panic fait partie de l’expérience ;
- il ne fait pas tomber toutes les protections, la PS5 garde d’autres couches de sécurité.
Pour noircir encore le tableau, des clés du BootROM de la PS5 ont fuité fin décembre 2025. Gravées dans le silicium du processeur, elles servent à vérifier que la console démarre sur un système légitime, et aucune mise à jour ne peut les changer. Elles ne suffisent pas à jailbreaker une console, mais elles offrent aux chercheurs les plans détaillés du coffre-fort. La porte tient toujours, simplement tout le monde sait comment elle est fabriquée.
PSBox : le plus grand retournement de veste de l’histoire du gaming
Voici donc le moment tant attendu. La communauté a enfin une console Sony libérée de ses chaînes, avec des possibilités infinies. Et l’appli qui affole les réseaux, c’est… un client Xbox Cloud Gaming.
PSBox Cloud Gaming est développée par RafaelNGP, est open source, et était en version 0.9.5 au 10 octobre. On l’installe, on se connecte avec son compte Microsoft (on imagine les mains qui tremblent), et voilà le catalogue Game Pass sur sa PS5 :
- streaming en 1080p à 60 images/seconde, 1440p en expérimental et upscaling 4K géré par la console ;
- DualSense reconnue comme une manette Xbox. Elle ne s’en remettra probablement jamais ;
- vibrations, jusqu’à quatre manettes, barre lumineuse qui suit les couleurs du jeu, chat vocal par le micro de la manette ;
- une fonction Remote Play pour streamer sa propre Xbox Series vers la PS5, pour ceux qui avaient caché une Xbox dans le placard « pour un ami ».
Le meilleur, c’est que PSBox ne pirate absolument rien côté Microsoft. Il faut un abonnement Game Pass payant avec accès au cloud. Pour résumer : on contourne la sécurité de Sony, au risque de perdre son compte PSN, pour avoir le droit de verser de l’argent à Microsoft. Même chez Redmond, aucun stratège n’avait osé imaginer ce tunnel d’acquisition.
La PS5 se retrouve ainsi à faire office d’écran et de décodeur vidéo très coûteux pour un jeu qui tourne sur un serveur Microsoft. Quand la firme de Redmond martelait que « tout est une Xbox », on pensait aux smart TV et aux téléphones. On n’avait pas compris qu’elle parlait aussi de la console concurrente.
Il y a quand même des limites : pas de HDR pour l’instant, et des retours d’utilisateurs qui vont de « ça marche nickel » à « ça ne se lance jamais ». C’est donc une expérience Xbox très fidèle, ironisent déjà certains.
Le grand musée Microsoft… sur PlayStation
Ce n’est pas tout. En quelques semaines, la scène a porté sur PS5 une impressionnante collection d’émulateurs :
- PS5SX2 pour la PS2, capable de lancer certains disques PS2 au format DVD. Au moins une appli qui reste en famille ;
- KB-RPCS3 pour la PS3, encore en alpha ;
- XPSemu pour la première Xbox, avec Halo 2 en vitrine ;
- un portage de Xenia pour la Xbox 360, présenté avec Gears of War 2 et 3 ;
- divers projets pour la Wii U, la 3DS, la DS et la Switch, plus incertains.
Récapitulons. Master Chief, Marcus Fenix et Forza tournent sur une PlayStation. Si vous aviez annoncé ça en 2020 dans une section commentaires, on vous aurait accusé de troller. En 2026, c’est un dépôt GitHub avec des milliers d’étoiles.
Les performances restent inégales, et on est plus proche du labo de recherche que de la borne rétro clé en main. Mais le symbole, lui, est franchement réussi.
Sony, entre déni et mises à jour
Sony ne commente pas, mais agit :
- le firmware 14.00 (16 septembre) n’est pas vulnérable à Relapse ;
- le firmware 14.10 (début octobre) apporte de mystérieux « correctifs de sécurité ». On se demande lesquels ;
- selon plusieurs sites spécialisés, Sony imposerait depuis la mi-octobre une version minimale côté serveur pour accéder au PSN. Une console restée sur un vieux firmware démarre et joue hors ligne, mais perd le multijoueur, la boutique et les services en ligne. L’information n’est pas encore confirmée officiellement.
Ce qui nous donne une situation savoureuse : une console jailbreakée accède plus facilement aux services Microsoft qu’à ceux de Sony. Dans l’univers de la guerre des consoles, cette PS5 a officiellement changé de camp.
Il y a aussi un marché parallèle délirant. Les consoles bloquées sur le « bon » firmware se revendent à prix d’or, avec des montants évoqués au-delà de 1 500 dollars pour une PS5 Pro d’occasion. Pendant ce temps, des jeux récents comme Marvel’s Wolverine exigent un firmware plus récent et restent hors de portée. On se prive donc de la grosse exclusivité PlayStation de l’année pour garder l’accès à Halo 2. Les forums de 2013 n’auraient jamais cru ça.
Avant de transformer votre PS5 en Xbox : les risques
On rigole, mais on tient à ce que nos lecteurs gardent leur console et leur compte :
- Le compte PSN. Le jailbreak viole les conditions d’utilisation de Sony. Une console modifiée qui se connecte en ligne s’expose à des restrictions, voire à un bannissement. Expliquer qu’on « voulait juste jouer au Game Pass » ne vous sauvera pas, et ce sera humiliant en prime.
- La garantie. Elle a toutes les chances de ne plus s’appliquer.
- La stabilité. Ce sont des outils expérimentaux, avec plantages et pertes de données possibles.
- La loi. En Europe comme aux États-Unis, contourner les protections techniques d’une œuvre est encadré par le droit d’auteur. Posséder un jeu ne donne pas le droit d’en télécharger une copie sur un site douteux, et les BIOS dont ont besoin certains émulateurs posent aussi question.
- La sécurité. Des payloads douteux circulent. Lancer du code inconnu avec un accès noyau, c’est confier les clés de sa maison à un inconnu croisé sur un forum, sur la seule foi de son avatar d’anime.
Conclusion : la paix des consoles passera par le cloud
Derrière la blague, cette affaire pose une vraie question : à qui appartient vraiment la machine qu’on a payée ? Une PS5 qui fait tourner le Game Pass, des jeux Xbox 360 et des disques PS2 montre tout ce que ces consoles pourraient faire si on les laissait faire.
Elle prouve aussi une chose que les guerres de fanboys ont toujours eu du mal à admettre : au fond, les joueurs veulent simplement jouer à de bons jeux, peu importe le logo sur la boîte. Il aura fallu une faille noyau, un navigateur oublié et un développeur passionné pour qu’ils l’avouent.
On attend désormais l’étape suivante : le premier stream Twitch d’un joueur PlayStation qui débloque un succès Xbox en jurant qu’il « ne fait que tester ».

La rédaction Beacon Mag, qui joue sur toutes les consoles, dort très bien la nuit et précise une dernière fois que tout ceci est de l’humour. Rangez les fourches.
Merci à Kerrax pour la suggestion de couvrir cette news croustillante.
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